L’éthanol est le miracle économique du Brésil . Obtenu à partir de la canne à sucre, l’éthanol est présenté comme un carburant « propre ». Au Brésil, l’éthanol sert de carburant depuis 1925. Certes, mais à quel prix ?
Exploitation d’une main-d’œuvre bon marché
La majorité des coupeurs de cannes viennent de la région Nord-Est, la plus pauvre du Brésil. Corvéables à merci, cette main-d’œuvre est recrutée par les « gatos », rémunérés « par tête » recrutée ou par pourcentage sur les salaires.
En moyenne, un coupeur de canne perçoit 1 euro par tonne coupée. Le rendement exigé est de 8 à 10 tonnes par jour et par coupeur. Certains ouvriers parviennent à couper jusqu’à… 15 tonnes par jour ! Avec une moyenne de 12 tonnes par jour un coupeur de cannes est payé jusqu’à 750 reais par mois (280 €). La journée commence à 6 heures et se termine à 17 heures…si le groupe a atteint le rendement exigé. Depuis janvier 2008, la loi oblige les propriétaires à accorder une heure de pause déjeuner dans un lieu ombragé. A la Réunion, un coupeur est payé de 11 à 15 euro la tonne et réalise 3 à 5 tonnes à la journée !
500,000 ouvriers travaillent de mars jusqu’à novembre
Travailleurs exploités, sans contrat ni couverture sociale, « logés » dans des baraquements insalubres à l’intérieur même des grandes propriétés, endettés pour pouvoir payer leur nourriture et rembourser le prix du transport qui les a acheminés depuis leur domicile … la liste est longue. Pourtant, les auteurs d’abus ont le sentiment d’impunité. Avec la canne génétiquement modifiée, plus légère et contenant plus de saccharose, la vie des coupeurs ne sera pas améliorée pour autant car ils devront atteindre les 23 tonnes par jour.
Et en Iran, les travailleurs de l’usine de sucre de canne de Haft Tapeh, à Chouch, dans le sud , se sont mis en grève pour la troisième fois cette année. Lançant des slogans contre la direction, pour leur 28e journée de grève. « Les travailleurs préfèrent la mort à l’humiliation », criaient-ils, « notre salaire mensuel est notre droit inaliénable » et « un travail et une vie décente sont notre droit inaliénable ».
Pas si écologique qu’on le pense.
Il faut démythifier la propagande relative aux prétendus avantages des “agrocarburants”. Dans le cas de l’éthanol, la culture et le traitement de la canne à sucre polluent les sols et les sources d’eau potable parce qu’ils utilisent une grande quantité de produits chimiques.
La distillation de l’éthanol laisse un résidu qui s’appelle la vinasse, à raison de 10 à 13 litres par litre d’éthanol produit. Une partie de ce résidu peut être utilisé à titre d’engrais, mais le plus gros pollue les cours d’eau et les sources d’eau souterraines.
Le brûlage de la canne à sucre, qui facilite la récolte, détruit une grande partie des micro-organismes du sol, pollue l’air et provoque de nombreuses maladies respiratoires. Cette pratique rend le travail moins pénible, moins dangereux (le feuilles sont de véritables rasoirs). Les champs sont incendiés pour détruire les feuillages et les pailles. Seule la canne résiste, avant de tomber sous la machette du coupeur.
En 2006, le Brésil, a produit 17,7 milliards de litres d’éthanol à base de canne à sucre, soit quelque 35% de la production mondiale. L’éthanol brésilien est vendu à 0,78 euro le litre sur le marché européen.
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